Bien cordialement. Voilà une formule de politesse qui fait beaucoup parler d’elle. Et pour cause : d’un coté ses fervents défenseurs et de l’autre : les amoureux de la langue française et adeptes du langage soutenu. Pourtant dans le cadre d’une candidature, certaines règles doivent être respectées au risque de donner une image de soi négative, et ce : dès la fin de votre lettre de motivation. Faisons le point sur cette tournure de phrase bien connue !

Bien cordialement : pourquoi faire compliqué ?

« Je vous prie de bien vouloir croire, mon altesse royale, en l’assurance de mes respectueuses et très honorables salutations. » À la fin d’un mail : ça risque de faire un peu tache, n’est-ce pas ? Que vous soyez demandeur d’emploi, en recherche de stage ou simplement en reconversion professionnelle, votre lettre de motivation doit rester naturelle et spontanée. Les formulations trop soutenues et trop recherchées sont à bannir. Place à la modernité – à condition de rester pertinent.

En ce sens, « Bien cordialement » est une expression passe-partout, employée par beaucoup de candidats. De 19 mots, on passe à 2 seulement. Pourtant, le choix de la simplicité est-il réellement le bon ? Cette tournure est-elle vraiment adaptée à toutes les situations ?

Une formule de politesse idéale pour les mails

Lors de l’envoi d’un mail, être concis est primordial. Non seulement vous devez faire court, mais vous devez également être capable de retenir l’attention en seulement quelques phrases. Et attention : se distinguer, mais dans le bon sens. Si le respect de l’étiquette est important, la « Nétiquette » est cependant moins formelle que pour une lettre écrite.

On privilégiera ainsi les locutions simples et spontanées. Bien cordialement, rempli pleinement cette mission.

Au fait, c’est quoi la définition de cordialement ?

Alors que littéralement, cordialement signifie « motivé par de la cordialité », la cordialité, elle, se définie comme un sentiment accueillant, chaleureux et bienveillant qui vient directement du fond du coeur. Le sentiment est donc bien positif et pleinement approprié pour clôturer un document officiel, et surtout un e-mail.

Pourtant, lorsqu’on réceptionne un écrit avec la formule « cordialement » à la fin, il n’est pas rare de penser que cette formule est sèche. Autrement dit : l’inverse de sa définition. Pourquoi et à quoi cela peut être dû ? L’interprétation de « cordial » est différente selon les générations. Pour les plus jeunes, réticents à l’employer seul, il évoque la formalité, la retenue et la distance. La froideur donc.

Des synonymes de « Bien cordialement » pour accentuer la bienveillance

Pour rehausser l’impression de fermeté qui se dégage de « cordialement » (à tort), nombreux sont les candidats qui rajoutent un adverbe afin d’accentuer le coté chaleureux. Ainsi, plusieurs variantes ont vu le jour – que l’on rencontrait alors plutôt rarement.

La plus connue est sans conteste « Bien cordialement ». S’ensuit ensuite « Très cordialement ». « Bien à vous » est également une tournure de politesse couramment utilisée pour saluer en fin de mail.

Et pour une lettre de motivation ou un courrier ?

Alors qu’on réservera « bien cordialement », « bien à vous » et « très cordialement » pour les mails de relance, où il est important d’être synthétique, les formules de politesse bien traditionnelles sont à employer pour les écrits papiers ou même les lettres de motivation.

Bien plus soutenue : on leur préférera par exemple la figure « Veuillez recevoir l’expression de mes salutations respectueuses » pour suivre les traditionnels « Dans l’attente de votre réponse » ou « En vous souhaitant bonne réception ».

Pour conclure, la formule de politesse bien cordialement n’est pas à employer à la légère. Son emploi, de plus en plus fréquent chez les candidats, tend à agacer les recruteurs lorsque son usage n’est pas approprié. Alors que dans un mail, c’est le passe-partout idéal, elle est à remplacer par un vocabulaire plus soutenu et plus respectueux dans une lettre de motivation ou tout autre document officiel.