Comment gérer la discrimination à l’embauche ? Vous venez de faire le point sur tous les aspects de l’entretien d’embauche, ses pièges comme ses astuces, et souhaitez vous préparer face à un recruteur discriminant ? Vous êtes au bon endroit !

Cette question de société n’est malheureusement pas nouvelle. Bien qu’il soit facile de penser que la première source de discrimination soit celle liée à l’origine culturelle, d’autres types de discrimination existent bel et bien.

Ainsi, celle liée à l’âge du candidat est une des plus fréquentes. Un demandeur d’emploi âgé de 48 à 50 ans trouvera beaucoup plus difficilement un emploi, qu’un plus jeune. De même pour les mères de famille, les personnes handicapées ou les personnes n’ayant pas une plastique d’acteur Hollywoodien. Bien évidemment, cela change selon le corps de métier visé, le poste et l’environnement de travail.

Que dit la loi sur la discrimination à l’embauche ?

Selon l’article L1132-1 du code du travail, la discrimination à l’embauche est illégale en France.

“Aucune personne ne peut être écartée d’une procédure de recrutement ou de l’accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire.”

Ce sujet de société, est une réalité qui peut malheureusement mettre en péril votre candidature, avant votre entretien de recrutement comme après cette rencontre. Il n’existe malheureusement pas de solution miracle car la décision d’être employé ne repose, non pas sur vous, mais sur le recruteur.

Toutefois, voici 6 conseils pour apprendre à mieux gérer la discrimination à l’embauche.

Discrimination à l’embauche, conseil n° 1 : Repérer les signes avant-coureurs

Soyez attentif lorsque vous lisez les offres d’emploi. Bien qu’elles soient foncièrement similaires, certains indices peuvent être repérés avant. Emploient-ils des femmes uniquement ? Ou au contraire que des hommes ? Demandent-ils des conditions physiques bien particulières (particulièrement vrai pour les postes d’ouvrier) ? Parlent-ils d’âge minimum ?

Si oui, alors il a de fortes chances pour la discrimination soit plus forte qu’ailleurs.

Essayez de vous rendre sur leur site internet. Y a-t-il des photos d’employés ? Si oui, essayez de dresser leur point commun. Faites de même avec leurs réseaux sociaux. Rendez-vous sur place si vous le pouvez. Une autre idée : essayez d’avoir un point de vue de l’intérieur. Prenez aussi contact avec un employé via Linkedin.

Discrimination à l’embauche, conseil n° 2 : Reconnaître la discrimination lors de l’entretien

Lors de l’entretien, soyez vigilant à sa première impression lorsque votre interlocuteur vous voit. Est-il chaleureux ? Hésitant ? Plus précisément : pensez-vous qu’il puisse se comporter différemment avec un autre candidat ?

Lors de ses questions, vous demande-t-il des informations personnelles ? Liées à votre origine culturelle ? Votre religion ? Votre âge ? Votre situation familiale ? Si vous comptez avoir des enfants dans les prochaines années ?

Certains employeurs, selon leur personnalité, sont naturellement plus curieux que d’autres. Si discrimination il va y avoir : le recruteur s’attardera sur un point personnel en particulier et sans lien apparent avec le poste ciblé.

Discrimination à l’embauche, conseil n° 3 : Rester courtois lors de l’entretien

Grimace, mimique, dégoût, appréhension, mépris, nervosité, peur : de nombreux signes sont là et vous renseignent sur ce que pense le responsable. Peu importe la cause de la discrimination, ce genre de comportement est intolérable en entretien professionnel. Mais aussi dur que cela soit-il, essayez de faire de votre mieux pour rester toujours courtois et poli.

Même si les chances de vous tromper vous paraissent faibles, la source de son inconfort peut être toute différente de celle imaginée. Alors pour ne pas se mettre des bâtons dans les roues et rester crédible : prenez sur vous pour freiner cette envie de lui sauter dessus.

Cependant, n’hésitez pas à être ferme, si vraiment le directeur de la PME dépasse les bornes. Après tout, vous n’êtes pas là pour vous faire agresser, mais pour trouver un emploi !

Discrimination à l’embauche, conseil n° 4 : Obtenir des preuves

Comment prouver que discrimination il y a eu ? Le recruteur étant non tenu de justifier la raison du refus du candidat, amener des preuves est un travail de fourmi.

Toutefois, le principe de non-discrimination stipule que ce n’est pas au candidat à l’embauche d’amener ces preuves. Il appartient à l’employeur de prouver que ce refus a eu lieu selon des éléments objectifs et entièrement liés à la position ouverte.

Les procès aboutissant rarement, nous vous conseillons cependant d’apporter de votre côté, tous les éléments qui pourraient étayer votre dossier. Témoignage d’un salarié qui était présent, email, annonce ou lettre, essayez de rendre cette discrimination concrète.

Discrimination à l’embauche, conseil n° 5 : Envisager de porter plainte

Si vous pensez que vous avez été victime de discrimination, faites-le savoir auprès des autorités compétentes. Inspection du travail, prud’homme ou même droit pénal, si vous estimez que le recruteur/patron a dépassé les limites, alors poursuivez-le.

Vous pouvez également vous rapprocher des associations de lutte contre la discrimination à l’embauche. Y faire entendre votre témoignage et votre message, peut faire changer les choses sur le long terme.

Malheureusement, il convient de rappeler que les condamnations d’employeurs sont très rares. Le demandeur d’emploi dispose rarement d’autant de ressources financières que l’entreprise attaquée.

Discrimination à l’embauche, conseil n° 6 : Ne pas le prendre personnellement et continuer d’aller de l’avant

Dans votre parcours personnel comme professionnel, il y aura toujours deux instances à gouverner votre vie. Vous dans un premier temps, et les Autres de l’autre. Parmi ces deux entités : il n’y en a malheureusement qu’une seule que vous pouvez contrôler.

Si vous pensez avoir donné le meilleur de vous-même lors de votre entrevue, alors vous avez fait votre part à vous. Même si vous n’avez pas été pris à cause d’une discrimination. Ce genre de refus n’est pas imputable à la qualité de votre présentation. Elle n’est donc pas à considérer comme un échec personnel. Aujourd’hui, vous êtes tombé sur quelqu’un avec une éthique déplorable, mais tôt ou tard la chance vous re-sourira et vous tomberez alors sur quelqu’un avec une bien meilleure intégrité. Et à ce moment là, vous serez retenu.

Lutter contre la discrimination à l’embauche : Quoi penser du CV anonyme ?

Le CV et la lettre de motivation anonyme est-il une bonne idée ? Peut-être, peut-être pas : le mieux est de rester cohérent par rapport à votre personnalité et votre stratégie. Ne cherchez pas à enlever votre photo uniquement pour vous prémunir des 30 % qui vous jugeront négativement. À la place, concentrez-vous sur ces 70 %.

Lorsque vous avez l’habitude des discriminations à l’embauche, demandez-vous : Souhaitez-vous vraiment travailler pour un patron raciste ? Probablement pas. Alors même si c’est plus difficile à dire, qu’à faire : essayez de toujours voir le verre à moitié plein !

Alors maintenant au travail et préparez cet entretien du mieux que vous puissiez ! Par où commencer ? Pourquoi pas en épluchant les 51 questions les plus courantes en entretien d’embauche ou les deux astuces à savoir absolument, lorsque vous passerez la phase Qualité Défaut !