« Je vous saurais gré » ou « Je vous serai gré » : La bonne orthographe
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« Je vous serais gré » ou « je vous saurais gré » ? Voilà une tournure de phrase que on n’emploie pas tous les jours. À moins d’envoyer quotidiennement de la paperasse administrative, difficile de savoir avec certitude comment écrire cette expression. Grammaire, orthographe ou conjugaison : attention aux fautes d’orthographe. Promis : à la fin de cet article, vous en saurez un peu plus !

Je vous saurais gré ou je vous serais gré ?

Quelle formule de politesse est correcte ? « Je vous saurais gré » ou « Je vous serais gré » ? Alors que le verbe avoir et savoir se prononce presque de la même façon à la première personne du conditionnel, à l’écrit vous n’avez pas le droit à l’erreur. Peu fréquente, lorsque cette formulation est utilisée, c’est souvent d’une bien mauvaise manière. Dans des candidatures, des relances, des réponses administratives ou dans une relation professionnelle : il est courant de voir écrit « Je vous serais gré », « je vous serai gré », « je vous suis gré » de et même « je vous serais grée ».

« Gré » n’est pas un synonyme de « reconnaissant ». Le verbe « être », n’a donc pas sa place. La seule forme orthographiée de la bonne manière, est lorsqu’elle est utilisée avec le verbe « Savoir ».

je vous saurais gré : une formule bien soutenue

Quelle définition pourrions proposer ? Servant à exprimer sa reconnaissance et à souligner sa gratitude, l’expression « savoir gré » tombe progressivement en désuétude. Bien trop soutenue pour une utilisation quotidienne, elle est principalement employée dans un contexte bureaucratique et officiel.

Je vous sais gré de bien vouloir me suivre.
Nous vous saurions gré de corriger cette faute d’orthographe.
Je vous saurais gré de lire la présente avec le plus grand soin.

Finalement : autant de grands airs pour simplement vouloir dire « J’aimerais que » ou encore « Je vous remercie de ». Dans un contexte formel, cette expression se remplacera aisément par « Je vous serais reconnaissant de ». Dans le cadre d’une lettre de motivation, cette formule de politesse doit être maniée avec tact : elle peut avoir un coté autoritaire, prétentieux et arrogant.

Savoir gré ou grée : Et le féminin là-dedans ?

Si on est une femme, désirant s’adresser à une autre femme, comment faut-il conjuguer « savoir gré » ? Exprimé différemment : faut-il, oui ou non, intégrer un accord féminin lorsque le contexte le veut ? Et bien non. En effet, attention au piège : le petit mot « gré », dans le verbe « savoir gré » est un substantif masculin, sans aucun rapport avec le sujet du verbe – ni même du destinataire.

S’il s’agit d’une femme envoyant un courrier à un homme : « Je vous saurais gré ».
S’il s’agit d’un femme faisant parvenir une lettre à une autre femme : « Je vous saurais gré ».
S’il s’agit d’un homme transmettant un mail administratif à une femme : « Je vous saurais gré »

Il n’y a donc aucun changement. Petit moyen mnémotechnique : c’est également le même mot pour les locutions « au gré des événements » ou « contre son gré ».

Je vous saurais gré ou je vous saurai gré ?

Avec ou sans le « S » à la fin ? Est-il préférable d’employer la formule de politesse « Je vous saurais gré » ou « Je vous saurai gré ». Alors que d’un point de vu de la conjugaison, les deux locutions sont bien correctes, le sens lui, n’est pas identique. Dans le premier cas, il s’agit du conditionnel alors que dans le cas sans le « S », le temps est le futur.

Je te saurais gré de bien vouloir me faire parvenir/ de bien vouloir me communiquer/ de bien vouloir accepter/ de bien bouloir adresser/ etc…

Nettement plus autoritaire, « Je te saurai gré » doit être évité lorsque vous pouvez. Sauf s’il s’agit de relancer une demande en étant plus ferme que la première fois. Dans les autres cas, « Je te saurais gré » fera bien plus l’affaire. D’autant que comme nous l’avons vu plus haut : cette formule est déjà emprunte d’autorité (bien qu’étymologiquement elle ne l’est pas).